LES FILLES DE LA CHARITÉ
DE ST VINCENT DE PAUL

LE SERVICE DES PROJETS INTERNATIONAUX

EXPÉRIENCE

« La Charité de Jésus-Christ crucifié, qui anime et enflamme le cœur de la Fille de la Charité, la presse de courir au service de toutes les misères ». -Constitutions des Filles de la Charité de St Vincent de Paul


La meilleure manière de comprendre l’organisation des Filles de la Charité, c’est de partager l’expérience vécue par les Sœurs qui vivent et travaillent dans le monde en développement. Unies entre elles, les Filles de la Charité consacrent leur vie au service des pauvres. Récits, vidéos, biographies et plus encore, vous offriront un aperçu sur le monde où vivent les populations locales et les Sœurs, et les luttes et la richesse de leur travail en collaboration. Vérifiez souvent les nouvelles mises à jour.


Du secours pour nos voisins de Thigio au Kenya

Faire de son mieux, où c’est possible

La crise sanitaire actuelle due à la Covid-19 est un défi d’ordre mondial. Quoique Thigio soit épargné jusqu’à présent, nous prenons déjà des précautions comme s’il y avait des cas positifs près de chez nous.

 

Nous avons suspendu nos programmes scolaires et maintiendrons très probablement cette suspension jusqu’en janvier. Néanmoins, notre travailleur social et nos enseignants sont restés en contact téléphonique avec les familles de nos clients handicapés. Nous appelons régulièrement pour nous assurer que tout le monde va bien et est en sécurité. Un de nos enfants gravement handicapés est malheureusement décédé le mois dernier. Sœur Pat, la responsable du programme d’éducation, a assisté à l’enterrement avec certains des enseignants, une présence réconfortante pour la famille. Tous portaient des masques et avaient respecté les mesures de distanciation sociale.

 

Certains de nos enseignants ont donné un coup de main pour l’entretien des jardins de nos centres d’éducation des adultes et participé bénévolement aux activités de désherbage et de récolte de produits agricoles. Nous partageons ce que nous pouvons avec nos clients et leurs familles. Les enseignants aident également à nettoyer les salles de classe afin que nous soyons prêts pour une éventuelle réouverture. Toutes ces activités se sont déroulées dans le respect des mesures barrières, en particulier le port d’un masque, la désinfection des mains et la distanciation sociale.

 

Our Lady Hospice est resté ouvert. Nous procédons à un test Covid-19 sur chaque nouveau patient de l’hôpital. À leur arrivée de chez eux, les patients sont admis dans une chambre d’isolement où ils sont observés pour détecter d’éventuels symptômes. Chaque patient peut avoir un visiteur désigné qui doit ne présenter aucun symptôme, se laver les mains et porter un masque lors de ses visites. Les visiteurs passent également un dépistage des signes de fièvre. Nous encourageons les patients à rester en contact avec les autres membres de leur famille par téléphone.

 

Holy Cross Clinic est restée opérationnelle. Les patients passent un test de dépistage avant d’accéder à la clinique. Les patients et le personnel portent des masques et se lavent les mains plus souvent que d’habitude. Le dépistage des signes de violence fondée sur le genre est aussi particulièrement important, ce problème étant désormais singulièrement préoccupant. Les personnes vivant avec le VIH qui fréquentent la clinique ont continué à bénéficier d’une ration alimentaire toutes les deux semaines.

 

La plupart des gens ont réussi à trouver de la nourriture étant donné que nous sommes une communauté agricole. Néanmoins, certains de nos voisins ont sollicité une aide alimentaire. Martin (nom modifié pour des raisons de confidentialité), un homme atteint d’infirmité motrice d’origine cérébrale, avait besoin de nourriture. Martin tenait sa propre petite boutique de vente de savon liquide, mais a dû la fermer faute de fonds. Il était très heureux de recevoir assez de nourriture pour les prochaines semaines. 

 

De nombreuses activités du programme « Développement des femmes » ont été reportées en raison de l’exiguïté du lieu où elles se déroulent habituellement. Certaines de ces femmes fabriquaient des masques à domicile pendant les premiers jours de Covid-19, avant que les masques ne soient facilement disponibles, ce qui leur permettait de gagner un peu d’argent et de travailler sur d’autres projets depuis leur domicile. L’atelier de couture tenu par certaines des femmes reste ouvert et continue de générer des revenus. Sœur Elizabeth continue de conseiller et d’encadrer ces femmes.

 

Que faut-il faire absolument ? À Thigio, nous faisons le peu que nous pouvons, là où nous le pouvons, pour qui nous le pouvons, et avons confiance que Dieu fera le reste. Nous remercions ceux qui nous aident à atteindre nos voisins en cas de besoin, ainsi que tous ceux qui font de même dans le monde entier, en particulier notre personnel de santé et toutes les personnes qui interviennent sur des cas urgents.

 

Auteure : Sœur Deborah, Daughter of Charity — Thigio, Kenya